alestar a écrit:
J'ai eu un C4 de 1989, un bleu un peu plus foncé que le tien il me semble, avec lequel j'ai roulé au quotidien pendant 4 ans. Au chapître des plus, je mettrais la ligne, dont on ne se lasse pas. Aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur. La ligne de toit qui fuit vers l'arrière, la planche de bord sobre et toute noire avec ses gros cadrans et aussi ses grosses tirettes pour les phares et la chaufferie. A part l'étoile sur le capot des grandes Mercedes, je ne connais rien de plus rassérénant que la vue de ces deux grosses contrebombardes qui guident le capot lorsqu'on conduit. Entre les tirettes et ces deux gros tuyaux, c'est une vraie voiture d'organiste. Et puis à l'époque, l'aileron qui s'ouvrait et se refermait au feu rouge ou au stop était une nouveauté. Ca faisait son petit effet et je ne pouvais pas m'empêcher de jeter un petit coup d'oeil dans le rétro pour observer la réaction des enfants (petits et grands). Je me souviens du sentiment immense de sécurité à son volant, confiance dans la poussée du moteur à tous les régimes, dans les freins infatigables, la solidité et à la robustesse de l'ensemble sur la route. Cela contribue grandement au confort général car outre des sièges très efficaces, le confort, c'est aussi ça. La sérénité, la confiance dans sa monture. Curieusement, c'est une voiture assez pratique. J'ai déménagé deux fois d'un arrondissement de Paris à un autre en transportant des tas de cartons. L'espace derrière les sièges est un coffre très logeable, même si sur ce plan nos sharks sont incomparables, avec leur malle géante. Au chapître des défauts, j'ai changé deux fois l'embrayage en 80,000 km, malmené il est vrai par de longues séances de castagne dans les embouteillages parisiens. Le bruit, beaucoup moins présent et envoûtant que celui de la Carrera 3.2, lequel est une merveille pour les oreilles. Incomparable. Et attention à la fausse impression de sécurité fournie pas les quatre roues motrices. Elles permettent certes de reculer les limites de l'engin par rapport à la propulsion sur sol glissant, mais une fois les limites atteintes, ça part sans prévenir et à des vitesses beaucoup plus élevées. Ca m'est arrivé une fois, une seule fois, sur l'autoroute, de partir en travers, et malgré mes efforts pour tenter de la redresser, j'ai fini par taper de face le mur central et la voiture est passée au marbre. Bref, je garde un bon souvenir de cette auto, mais je ne peux pas dire que je la regrette plutôt qu'une autre. Elle était peut-être trop "parfaite" pour l'époque et il lui manquait un peu de cette folie qu'on trouve dans les générations précédentes. Ceci dit, en 2020, les sensations seraient peut-être totalement différentes, tant la technique a fait des progrès. Je te souhaite de nombreux kilomètres de plaisir et en sécurité à son volant.
Passionnant Alex !
