Une bonne question (

Greg...)
Je ne peux pas être absent de ce post mais j'ai pas mal écrit déjà sur le thème de la réponse à ta question...
En même temps, chaque jour apporte une nouvelle émotion dans ma relation à cette bagnole. Quand je me vois inventer (avec la totale mauvaise foi des toxicomanes) des destinations en forme d'alibis pour profiter d'un trajet de plus en Siss... J'ose espére que c'est pour vous comme pour moi : un voyage en Siss n'est jamais anodin. Le plaisir démarre toujours quand je m'approche d'elle. Elle a tellement l'air de n'attendre que de servir à ce pour quoi elle a été fabriquée. Pour des raison techniques, les pilotes d'avion doivent se soummettre à un examen attentif de leur appareil avant de monter dedans. J'ai mon brevet de pilote, je connais. (

Gev340).
C'est pareil avec l'E-24, sauf que la fonction n'est 'que' jouissive. Elle a l'air prête mais en faire le tour s'effectue comme un rituel pré-opératoire.
Je ne monte JAMAIS dans mon Noto sans émotion, comme un enfant (

635salon13) qui retrouve son jouet préféré, celui avec lequel il a le pluss de complicité.
Je sais les p'tits trucs qui ne marche pas et je me promets chaque fois de m'y attacher bientôt. Elle serait parfaite, ce serait moins bien (

sharknose)
Une fois installé à la meilleure place, je prends toujours une respiration plus profonde, comme en forme de 'Boooonnnn, on va y alléééé', puis je lance le moteur. Il est rare que je ne prenne pas deux Zgondes pour circuler mes mains autour du volant, comme pour le réveiller, le pré-chauffer...
Je m'attarde sur le point de vue conducteur. Cette impression d'être pilote d'une fusée, bien calé derrière un museau de trois kilomètres est sans égale. Les fans du jeu 'StarWars' connaissent cette vision (

Kfard).
Et puis, je suis un romantique. J'ai des émotions parce que j'aime en avoir. Et j'aime ce paradoxe de me servir d'une machine réputée insensible pour avoir le sentiment d'entrer en relation avec elle. Si j'appuie sur l'accéllérateur, elle va accéllérer. Si je passe la marche arrière, elle ira en arrière, etc... Un romantique qui aime se faire obéir ? Peut-être. Un fan du couple coeur/muscle ? Sûrement. Un intello manuel ? Paraît-t-il. De la branlette ??? Ben ouais, et alors...
Je sors du parking. Ou plutôt, le parking s'anime pour disparaître... Je rugis avant de mordre... Je me présente devant la piste, je vais m'élancer...
Non. Je m'arrête. Je descends, je l'observe avant de décoller. A ce moment là, elle porte en elle toutes les promesses, enfin, beaucoup. Les nomades disent : 'Qu'importe le but, seul le voyage importe'.
Je fais une photo mentale de ce moment précieux (

ficelle).
Pour moi, l'endroit et la situation que je quitte importe, le voyage importe, le but aussi.
Tout à l'heure, demain, dans huit jours, quand je serais arrivé, j'aurai un autre moment fort en coupant le contact. En forme de 'au moins, ça c'était bien'...
Vous pourriez me dire : 'oui, mais alors, ce serait pareil avec n'importe quel moyen de transport ?'
Ben non...
De la même manière que j'essaie de vivre chaque seconde de ma vie le plus intensément possible, le moins banalement possible, cette satanée bagnole (de Satan) transforme chaque mètre parcouru en moment d'exception.
Ici, c'est en répondant à ma sollicitation, là, en m'offrant un point de vue capot/monde unique. Cette séquence de calme s'offre en sérénité philosophale. Ce hoquet rageur serre mes mâchoires d'homme. Cette rageuse volonté d'aller toujours plus loin bouscule mes désespoirs infantiles. Cette mécanique au fonctionnement impeccable ridiculise mes doutes existentiels.
Cette soif d'essence me pousse à boire une bière...
La seule vraie question aujourd'hui ? Comment pourrais-je un jour changer de voiture ?
J'm'en fous, on verra bien...
En me relisant, je me demande si je ne suis pas un peu 'malade' quand même.
Qu'est-ce que vous en pensez ?
Vous qui êtes dans le même asile que moi...